Choisir de (ne pas) faire

Mis à jour : avr. 11

Lettre pour Etre Soi n° 39 - 4 décembre 2019


"Choses à faire. 1. Qu'aujourd'hui soit mien" - Photo Emma Matthews


Pendant quelques semaines, nous ne sommes pas "parlés", vous et moi, et cela illustre parfaitement le thème de cette lettre.

En effet, j'ai choisi de ne pas écrire quelques-unes de ces lettres que pourtant j'ai toujours grand plaisir et intérêt à rédiger puis à échanger avec vous.


J'aurais pu les écrire au nom d'une obligation telle que :

  • je me suis engagée à le faire envers mes abonnés et/ou envers moi-même ;

  • il ne serait pas professionnel que je ne le fasse pas ;

  • on va penser du mal de moi si je ne le fais pas ;

  • quelqu'un de bien fait passer la discipline avant ses ressentis et besoins psychologiques et/ou physiques du moment.

J'aurais pu.


Mais de mon point de vue, je n'aurais pas du.


Parce que si je m'étais obligée à le faire, j'aurais puisé un peu trop dans mes réserves d'énergie, qui étaient déjà trop sollicitées.


J'ai donc choisi de ne pas faire un certain nombre de choses, non pas parce que je n'avais pas envie de ces choses en tant que telles, mais parce que j'avais conscience que les faire allait me mettre en difficulté.


J'aurais été (encore plus) fatiguée, j'aurais eu (encore moins) de temps de repos, j'aurais (trop) tiré sur mes réserves, j'aurais été (bien trop) peu présente à ce et ceux qui occupent mon présent au quotidien.


Alors oui, j'aurais pu m'imposer le devoir d'obéir à une représentation abstraite, sociale et personnelle, d'une "personne bien".


J'aurais pu me laisser attirer par ce piège, cette course perpétuelle après un devant être, qui me met en défaut quoi que je fasse.


Mais s'il y a une chose que j'ai apprise depuis quelques années, pour en avoir payé le prix fort, c'est que je souffre de ne pas vivre ce qui me convient concrètement et maintenant, bien plus que de ne pas vivre comme je crois que cela conviendra demain de façon abstraite à autrui ou à mon censeur intérieur.


J'ai besoin de vivre à mon rythme.


J'ai besoin d'éteindre mon ordinateur quand mon corps sent que ça suffit.


J'ai besoin de quitter mon fauteuil et mon bureau quand mon corps vibre d'impatience d'aller marcher avec mes chiens, faire la cuisine, lire, dormir, rêver, parler avec une amie.


J'ai besoin de silence.


J'ai besoin de repos.


J'ai besoin d'être présente à moi-même et à l'instant autant que faire se peut.

Sinon, ça se passe mal. Je ne suis pas la meilleure version de moi-même, je n'agis pas en accord avec mes valeurs, je regrette ensuite, je me sens désaxée et pas à la hauteur, je suis éreintée et parfois vraiment malade ensuite.


Et pour vous, comment se sont déroulées ces dernières semaines ?


Comment envisagez-vous votre énergie et votre joie pour les semaines à venir ?

L'article ci-dessus a été adressé aux abonné·e·s du site Le Droit d'Etre Moi le 4 décembre 2019, suivi de propositions pratiques pour aller plus loin. Pour vous abonner, cliquez ici.